Review

Baston !

Parution : 24 août 2011 (tome 2)

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Les ingrédients d’une bonne fantasy ont tous été réunis dans les pages de cette BD. Le cocktail a beau être plutôt facile, agitez bien le shaker et vous verrez qu’il se laisse boire avec grand plaisir. Chauvel et Lereculey sont des habitués du neuvième art. Vous aurez déjà pu remarquer la patte inimitable de ce dynamique duo dans Arthur à la fin des années 1990 ou, plus récemment, dans l’excellent Sept voleurs, d’où Wollodrïn tire son monde et les personnages d’Ebrinh et Ivarr. Les voici qui rempilent donc pour un nouveau titre médiéval fantastique, plutôt efficace dans son genre.

 

Tout commence dans les geôles humides de la cité de Marmaëkard, où un certain Etzarn échoue en attente de son exécution, après son jugement pour meurtre. Il fait la rencontre d’autres prisonniers dans la cellule XXVII, eux aussi condamnés à mort. Soudain, les rouages bien huilés de la justice tressautent sur un cahot de la route du destin. Un mystérieux noble descend leur rendre une visite secrète dans leur cachot pour leur faire une offre impossible à refuser : s’ils acceptent de travailler pour lui, il les libère immédiatement. Evidemment, nos ruffians ne se le font pas dire deux fois. Les voici en route, clandestinement chargés dans une charrette, vers une mission consistant à aller libérer une riche héritière retenue contre son gré.

 

« Un inconnu vous confie une mission… »

Il faut bien l’avouer, cette BD n’a pas une originalité extraordinaire au premier abord. On connaît les codes classiques du jeu de rôle et de la fantasy, ils sont ici dûment respectés, à commencer par le mystérieux employeur et les aventuriers, tout droits sortis d’une partie de Donjons & Dragons. Mais il faut dire que de vrais scénaristes comme M. Chauvel n’hésitent jamais à éditer une œuvre dans un genre convenu car ils savent qu’ils sauront le traiter avec leur propre style.

La particularité principale du titre est d’utiliser différemment l’habituel peuple ennemi de nos héros, j’ai nommé les orcs qui ont enlevé la demoiselle en détresse. Eux qui sont habituellement abordés comme des bêtes sauvages sont ici présentés sous la forme d’un primitif peuple tribal ; la nuance change radicalement leur traitement et l’affection qu’on peut leur porter est décuplée.

 

Visuellement, on est plutôt gâtés. Jérôme Lereculey nous offre des paysages panoramiques remarquables et n’hésite pas à se permettre d’étaler certains décors somptueux sur une double page. La variété des extérieurs semble nous transporter avec les aventuriers. L’artiste nous montre pas mal d’inventivité dans les scènes d’action, qui sont particulièrement haletantes et bien mises en scène. On appréciera également les retournements de situation et les petits secrets qui émaillent ce diptyque et lui donne toute sa richesse. Une preuve, s’il en était besoin, que la fantasy a encore de beaux jours devant elle.

© Guy Delcourt Productions – 2011



About the Author

David
Rêveur au long cours, rôliste post-trentenaire, fondu de mondes imaginaires et outremangeur sélectif.