Review

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oman complétement hystérique, L’homme démoli nous plonge dans un XXIV siècle, dans une société plutôt protectrice et noyauté par les télépathes. Le récit se cristallise autour de deux personnalités extrêmement fortes. D’un côté Ben Reich, personnalité charismatique au possible, séductrice et qui, à défaut de morale sociale possède son éthique personnelle et une volonté de fer, de l’autre Lincoln Powell, élégant et badin, Commissaire principal et télépathe de classe I… Un policier moderne, certes, mais un policier de polars à l’ancienne, de ceux où l’on cherchait à piéger les coupables, à les pousser à l’aveu.

Meurtre et enquête policière tournant à l’affrontement institutionnel et au jeu d’échec, écheveau de conversations où se mêlent le miel et fiel entre différents personnages, descriptions qui frappe juste et sans excès… L’intrigue est impeccable, se ramifiant en quelques voie secondaires qui ne font que nous rendre plus sensible aux deux personnages principaux, portraits de deux personnalités cohérentes par leur paradoxe même et dont les failles explicites ne les en rendent que plus attachantes.

Le tout est épicé d’élans psychanalytique qui, tout en ayant une certaine profondeur et s’éloignant de la psychologie de comptoir marquent le roman de leurs empreintes, offrant des clefs aux dysharmonies qui hantent les personnages.

Le roman se lit avec aisance, pouvant faire montre de subtilité sans rien perdre de sa légèreté.

Une écriture parfaitement orchestré

L’écriture en elle-même est d’une rare qualité tant sur le fond que sur la forme. Hystérique, certes, car elle déploie l’intrigue tambour battant, ne s’embarrasse pas de détails superflus et va directement à l’essentiel, usant d’ellipses là ou, trop souvent certains romans s’essoufflent et s’affaissent dans des moments de creux. Surtout, l’écriture est d’une grande créativité. Il y a tout d’abord la manière de mettre en scène la communication télépathique, via l’usage de calligrammes originaux qui donnent une image mentale originale et travaillé de la télépathie qui, même parfois confine au poétique, et en deuxième lieu l’intégration dans son ouvrage de tournures de style et d’expressions propre à ce futur du XXIV desquels se dégagent un goût d’exotisme et un caractère immersif certains, enfin, et peut-être surtout, il y a l’accessibilité de cette écriture. Le roman se lit avec aisance, pouvant faire montre de subtilité sans rien perdre de sa légèreté.

Du temps que la lumière prend pour parcourir l’espace.

Roman extrêmement moderne, véritable découverte disions-nous… Une découverte qui date de 1953, date où l’ouvrage reçu le premier prix Hugo à être décerné. Le plus troublant c’est que nulle part ne transparait à la lecture les artefacts qui, usuellement, datent, rarement positivement un ouvrage. On y présente les livres papiers comme des supports archaïques, quasi-obsolètes, une société protectrice et sécuritaire, qui s’offre sous un regard moins critique que ceux d’écrivains contemporains… La nouvelle traduction – tout est relatif – de Patrick Morel est d’ailleurs de qualités d’autant plus avec certains calligrammes dont la construction a du être un casse-tête dont il s’est admirablement sorti.

Un ouvrage, peut-être à relire pour les plus anciens, mais surtout à découvrir pour tous les amateurs de SF, la ressortir de l’ouvrage au format poche dans la collection SF présentant une belle opportunité.



 L’homme Démoli : Modernité et originalité



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Antoine
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